Les bulletins des sociétés locales d’érudition : un exemple avec la Société d’histoire de Chinon

km_c224e-20161010161210Bulletin de la Société d’histoire de Chinon, Vienne et Loire, tome XI, n° 10, 2016, p 1011-1143, 15 €

Les bulletins des sociétés locales d’érudition ont de nombreux intérêts pour la connaissance d’un territoire et la recherche historique. Le premier est de permettre à des chercheurs, quelques soit leur niveau, de publier le résultat de leurs travaux, pourvu qu’ils entrent dans la ligne éditoriale de la revue. Une autre utilité réside dans la possibilité de croiser les sujets traités par plusieurs auteurs : outre que cela permet de déterminer les grands axes historiographiques du moment, ces articles multiples sur un même thème peuvent permettre d’enrichir les ouvrages généraux.

Le président de la Société d’histoire de Chinon, Vienne et Loire, Frédéric de Foucaud a remis à la Médiathèque Mgr Depéry la livraison 2016 de sa revue. Parmi les onze articles d’histoire ou muséographiques, retenons en trois pour la présente recension.

Botanique

Guillaume Delaunay et Marc Rideau, spécialiste du docteur Hilaire Lafon, présente son herbier (1830) et la richesse intellectuelle qu’il représente. Ils montrent comment l’herboriste a utilisé les travaux antérieurs, comme la Flore de l’abbé Dubois, elle-même quasi-contemporaine de L’Histoire des plantes de Dauphiné (1787) de Dominique Villars. Là encore, la multiplicité des recherches en plusieurs endroits d’un territoire montre les centres d’intérêt d’une époque. La botanique a aussi été le sujet d’une étude par Rossignol de Vallouise (Botanique élémentaire, 1805) : dans la classe XIII (fleur radiée), sous classe 3, il présente la camomille puante « dont la semence n’a ni aigrette, ni chapiteau de feuilles ». Cette fleur est la n° 130.3 page 1030 de l’article de Guillaume Delaunay et Marc Rideau.

Jeanne d’Arc

Le deuxième sujet que nous retenons est l’article de Marcel Saint Pol (p 1075-1084) qui présente une filmographie de Jeanne d’Arc, de 1913 à 2011. Faut-il rappeler ici que Jeanne d’Arc a été l’objet d’un texte de Jacques Gélu, archevêque d’Embrun de 1427 à 1432 avant de l’avoir été de Tours (1414-1427) ? Ce texte a été édité et traduit par Olivier Hanne.

Vincent de Paul

Enfin, Marie-Pierre Terrien, de l’université du Maine, traite du « rôle de Vincent de Paul à Richelieu » (p 1085-1098). Elle montre l’importance de la Mission pour cette localité, aujourd’hui située en Indre-et-Loire. L’auteur (p 1093) précise que les missions, au XVIIe siècle, ont pour fonction « l’instruction du pauvre peuple de la campagne, dont la plus grande partie ignore les choses nécessaires au salut », ce qui fut l’une des préoccupations de Richelieu comme évêque de Luçon. La spiritualité Vincentienne et celle inspirée par la Vierge au Laus dans la seconde moitié du XVIIe siècle ont des points communs, notamment si nous les plaçons comme des instruments de la Contre-Réforme catholique.

Cette revue a donc pour intérêt de permettre aux historiens locaux des Hautes-Alpes de trouver des exemples complémentaires à leurs travaux.

Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap et d'Embrun

Un commentaire

Vous pouvez laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *