Environnement et développement durable dans le monde euro-méditerranéen

AbdAllah Darolles, Abd El Haqq Guideroni et al., Environnement et développement durable dans le monde euro-méditerranéen, Institut des Hautes Études Islamiques, 05300 Embrun, 2019, 87 p.

Cet ouvrage regroupe les interventions de penseurs musulmans, juifs et chrétiens lors de deux colloques, l’un à Paris, à l’Assemblée nationale avec des parlementaires et des responsables associatifs, l’autre, en session d’été, à Briançon.

L’éditeur, l’Institut des Hautes Études Islamiques, a pu regrouper davantage de conférences ou d’interventions de musulmans. Toutefois, pour le judaïsme, le rabbin Yeshaya Dalsace situe « le judaïsme et l’écologie » dans sa perspective et son actuelle action : « dans un monde païen, le judaïsme affirme l’idée originale de Création… Pour la lecture juive, l’humain doit non pas « conquérir » et exploiter la nature, mais la « séduire » (voir Rachi sur Genèse 1,28). «  Le judaïsme a des ressources importantes pour une réflexion écologique et humaniste » (p 27-30).

Pour la tradition chrétienne, le prêtre orthodoxe, Antoine Callot, de Lyon, donne « une vision orthodoxe de la Création » : « La terre est sacrée, et notre rapport à l’environnement naturel ne peut être que sacramentel ou mystique » (p 15). Le pasteur protestant Frédéric Rognon, souligne « la place de la nature dans le protestantisme ». « Créatures, nous faisons intégralement partie de la Création… Dans son rapport à la Création, le protestantisme a donné lieu à un mouvement profondément destructeur, mais aussi à des engagements vers la protection et la réparation » (p 39 ; 41). Du côté catholique, Mgr Jean-Luc Brunin, du Conseil Famille et Société pour l’épiscopat de France, appelle à une « conversion écologique, à une dynamique de fraternité universelle ». Il met en valeur la force de l’encyclique du pape François Laudato Si’ (2015). L’être humain étant « administrateur responsable de la Création…, c’est le sens de la fraternité qui doit nous lier à l’environnement humain, social et international » (p 25).

Des intervenants musulmans donnent leurs analyses sur « la gouvernance euro-méditerranéenne » (Shaykh Pallavacini), sur « La crise environnementale : une crise spirituelle ? » (Abd El Haqq Guiderdoni), sur « Préserver la nature : un acte d’adoration » (Anouar Kbibech), sur « Le symbolisme de la protection de la nature » (Abd El Karim Turnley), sur « La responsabilité de l’homme et de la société face à la nature » (Abd El Qayoumm Guerre-Genton), sur « Le développement durable de la montagne : enjeux environnementaux et économiques », sur la contribution de l’Organisation Islamique pour l’Éducation, la Science et la Culture (ISECO) par AbdAllah Darolles, pour le « respect de l’univers » (Dr Abdelmajid Tribak).

Avec ces si riches synthèses, un tel document interreligieux et œcuménique en période d’urgence pour une « écologie intégrale » (pape François) ne peut que stimuler la réflexion de tous et la conversion vers le Dieu Créateur et vers la construction de la justice dans le monde.


Père Pierre Fournier
membre de l'équipe du service de formation permanente
diocèse de Gap et d'Embrun

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