Georges Rosanvallon, un Résistant haut-alpin

André Rosanvallon, Georges Rosanvallon, une figure de la Résistance dans les Hautes-Alpes, Campus Ouvert, 2018, 98 p. 

Ce livre consacré à Georges Rosanvallon, grande figure de la Résistance dans les Hautes-Alpes, est dû à André, fils de ce héros, professeur d’économie en université. Né en 1913, Georges est issu d’une vieille famille de Veynes où avec son frère Victor, il a repris la boutique de vêtements et de tailleur de leur père. En 1940, il est adjoint au maire. Ses frères Victor et Gabriel ont été faits prisonniers des Allemands. Gabriel étant dans le même camp que le célèbre Antoine Mauduit, il lui fait connaître l’intérêt du Château de Montmaur pour y animer la Résistance. De fait, une fois libéré, Mauduit y crée le réseau La Chaîne, auquel François Mitterrand a été sensibilisé. Georges Rosanvallon est devenu à Veynes le représentant des démocrates-chrétiens. Il participe alors au mouvement des chrétiens sociaux où Marcel Arnaud est un leader fédérateur à partir de sa base établie au Relais à Gap et servant de point de rencontre, en contexte de guerre, pour faire avancer des projets solidaires, notamment dans des domaines socio-économiques comme les progrès agricoles. Grâce à Marcel Arnaud, des liens étroits étaient aussi établis avec ceux qui se retrouvent à Saint-Léger-les-Mélèzes dans des cercles de réflexion et d’action s’inspirant du personnalisme du philosophe Emmanuel Mounier. Dès août 1940, dynamisé par le cercle de Saint-Léger pour une résistance spirituelle, Georges Rosanvallon s’est investi dans la remarquable tâche de transmission entre les cercles de réflexion et les acteurs locaux. Il devient chef départemental du réseau Libération-Sud. En 1943, il est vice-président départemental des mouvements unis de la Résistance, le président étant Edmond Pascal, futur préfet à la Libération. En janvier 1944, à Veynes, Georges échappe à une rafle des Allemands, juste avant l’arrestation au Saix, de Mauduit et d’autres maquisards. Il part alors à Grenoble pour participer au réseau national de renseignements Corvette. Il rejoint ensuite les maquis du Buëch et du Dévoluy. À la Libération des Hautes-Alpes fin août 1944, il est nommé vice-président du Comité départemental de la Libération.

L’ouvrage comporte deux parties. D’abord la période antérieure aux années de Résistance à l’Occupation allemande : le contexte national et, au plan haut-alpin, les courants de la Résistance à Veynes, la montée d’initiatives collectives originales et leur modernité. En seconde partie, les étapes de la Résistance à l’Occupation : la résistance spirituelle, Antoine Mauduit à Montmaur, La Chaîne ; en 1943, la montée en puissance de la Résistance par la structuration des mouvements, les maquis Armée secrète – Forces françaises de l’intérieur, les actions de résistance militaire, la terrible année 1944 avec la rafle allemande, l’arrestation d’Antoine Mauduit…

Pour sa part, le livre Le diocèse de Gap et d’Embrun, hier et aujourd’hui (Le Signe, 2015) ne manque pas d’évoquer la Résistance dans le diocèse en ses différents niveaux (p. 91). Mention est faite de Georges Rosanvallon, Marcel Arnaud et Joseph Maury commerçants, partie prenante de la Résistance comme d’autres laïcs, entre autres, Gaston et Raymond Guiboud-Ribaud, responsables scouts et imprimeurs de tracts clandestins, et Germaine Graindor-Warengen, professeur au Lycée Saint-Joseph, qui soutenait la distribution des Cahiers du Témoignage Chrétien. Les prêtres qui étaient engagés avec ces laïcs dans le groupe de réflexion démocrate-chrétien étaient notamment les abbés Louis Poutrain, Joseph Richard-Duchamblo, Justin Verney, Paul Chevallier, Jean Espitallier, et, du grand séminaire, Louis de Peretti.

Cet ouvrage d’André Rosanvallon rejoint en plusieurs points importants le récent livre de Philippe Franceschetti sur Antoine Mauduit, une vie en résistance (Presses universitaires de Grenoble, 2017). De façon précise et bien illustrée (photos, cartes, documents…), il apporte ainsi une précieuse contribution aux études sur l’histoire haut-alpine durant la guerre 1939-1945 et la Libération.


Père Pierre Fournier
membre de l'équipe du service de formation permanente
diocèse de Gap et d'Embrun

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