Suivre le Christ avec Martin de Tours

Jean-Claude Bonnaud, Le cep, la cape et l’Europe, Rives-de-Loire : JCF, 2019, 211 p., 26,90 €.

Avec goût et passion, l’ancien journaliste Jean-Claude Bonnaud guide ici ses lecteurs sur les Chemins de saint Martin, sur les pas du célèbre soldat devenu évêque de Tours (371-397) : depuis Tours jusqu’à sa Hongrie natale (sur 2500 km), et jusqu’en Espagne où Martin participait à des réunions d’évêques. Le livre est très bien illustré, avec la carte européenne de ces chemins, et les divers itinéraires qui remontent, par exemple, vers Paris, Bruxelles, et Utrecht. Le parcours proposé part de Saragosse, vient à Tours, descend vers le Rhône, à Vienne, et passe par Milan, la Croatie et l’Autriche, pour arriver à la ville où « szent Marton » est né en 316. L’auteur fait passer le retour vers Tours par les beaux paysages de la Slovaquie, l’Allemagne, et la Belgique.

Au cœur du titre, « la cape », du fait qu’en l’hiver 334, le soldat de la garde impériale Martin, pas encore baptisé, a donné la moitié de son manteau à un homme grelotant de froid. En mémoire de cet acte de générosité exemplaire, le livre est illustré de nombreux commentaires et de deux cents photos de multiples tableaux, vitraux et sculptures des églises de tous les pays traversés. Sous le terme de « cep », selon la parole de Jésus « Je suis la Vigne, vous êtes les sarments » (saint Jean, 15), l’auteur fait découvrir multiples vignobles qui entourent les églises Saint-Martin et les abbayes des territoires traversés, et la qualité des vins y est fort appréciée. Quant au terme d’ « Europe », il souligne le fait que saint Martin a connu une vie « européenne », et, sur ces chemins, de pays en pays, les marcheurs « martiniens » d’aujourd’hui découvrent avec bonheur les modes de vie et les horizons de diverses populations ouvertes à une âme européenne commune. Avec l’auteur, l’enjeu de la marche est donc culturel, spirituel, artistique (beauté de l’art consacré à saint Martin), gustatif (« le cep »), solidaire (saint Martin et sa cape partagée), et citoyen (s’imprégner de l’Europe). Ce livre-album, très actuel, complète donc bien les ouvrages antérieurs : de Sulpice Sévère, Martin de Tours (Cerf, 2016), du frère Serge Grandais, Le Partage en chemin (Saint-Léger, 2015), de François-Christian Semur, Saint Martin pionnier européen de la solidarité (éd. H. de Chevrié, 2015). Les chemins de Compostelle ont acquis leur notoriété et voici que les chemins de saint Martin, à leur tour, se développent dynamiquement. Comme ils passent dans l’Isère (Voiron, Saint-Sevin), peut-être seront-ils tracés dans le diocèse de Gap, vu son réel patrimoine martinien ?


Père Pierre Fournier
membre de l'équipe du service de formation permanente
diocèse de Gap et d'Embrun

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *