La force de l’Esprit-Saint au mariage dans la bénédiction nuptiale

Innocent Himbaza, François-Xavier Amherdt, Félix Moser, Mariage et bénédiction, Apports bibliques et débats en Église, Paris :  éd. Cerf, coll. Patrimoines, 2018, 277 p., 24 €. 

Ce livre est un solide ouvrage de recherche biblique, théologique, canonique, liturgique, œcuménique, et d’utilisation pastorale. Il est très opportun en relation avec le nouveau rituel catholique du mariage (la nouvelle édition du Rituel romain), et les transformations sociétales des formes de la conjugalité, des liens de couples. Il est le fruit exemplaire d’une « co-écriture » (p.254) de trois auteurs suisses: le bibliste réformé Innocent Himbaza, le théologien catholique François-Xavier Amherdt, et le théologien réformé Félix Moser.

D’abord, l’exégète I.H. analyse de façon approfondie le mariage et la bénédiction dans la Première Alliance et le Nouveau Testament. Il propose des voies pour « s’approprier le mariage et la bénédiction bibliques aujourd’hui », en évitant des ambiguïtés. En deuxième partie, le théologien de la pastorale catholique F-X. Amherdt présente « le mariage comme une vocation à vivre l’Alliance ». Il met bien en valeur la centralité liturgique de la bénédiction nuptiale avec l’épiclèse (p.193 sv., ces « splendides prières »). Sur le plan pastoral, il s’inspire de l’exhortation du pape François « La joie de l’amour » et des deux phases synodales qui l’ont précédée. Il s’interroge aussi sur la question de « nouvelles formes de bénédiction pour des personnes homosexuelles ou divorcées remariées ».

En troisième partie, le professeur de théologie pratique F. Moser situe le mariage du point de vue protestant avec les Réformateurs et selon les « transformations institutionnelles et religieuses », puis le sens et la signification théologique du mariage. Il aborde trois lieux en débat: la sexualité comme reconnaissance de l’autre, la position de l’Église réformée envers les personnes divorcées, la bénédiction de couples pacsés et de même sexe. La conclusion est appel à poursuivre le débat: les trois auteurs approfondissent les enjeux de leurs « consonances et dissonances » respectives. Un appel est lancé pour que « l’inculturation catholique et la contextualisation protestante [soient] pensées ensemble parce qu’elles vont de pair » (p. 255). D’autres traditions chrétiennes sont prises en compte (orthodoxe p. 199,…). La perspective de bénédiction de personnes, de groupes, d’assemblées, est aussi étudiée. Une bibliographie judicieusement développée termine le livre, où figurent les ouvrages des trois auteurs parmi les nombreux livres et les études ou articles devenus des références ou tout récents. Un tel outil de travail est précieux pour l’étude personnelle ainsi que pour la pratique pastorale de l’accompagnement des couples et pour un fécond dialogue œcuménique.


Père Pierre Fournier
membre de l'équipe du service de formation permanente
diocèse de Gap et d'Embrun

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