Les institutions sisteronaises aux XIIIe – XIVe siècles

Alexandra Gallo, Sisteron au Moyen Âge, un atelier de la démocratie (XIIIe – XIVe siècles), s.l. : Comité des travaux historiques et scientifiques, 2016, 314 p., 28 €.

Un livre pratique

La thèse d’Alexandra Gallo, qui a obtenu en 2009 la mention « très honorable avec félicitations », est une réussite formelle. L’édition est, certes, austère mais le texte est très lisible avec une écriture fluide. Les cartes sont claires. La lecture du glossaire (p 297-299) est à conseiller aux étudiants en histoire. Trois index (noms communs, toponymes et noms de personnes) permettent un repérage efficace dans l’ouvrage. Enfin, une bibliographie (p 281-295) où se trouvent onze entrées au nom de Noël Coulet (p 285-286) est complétée par des notes infra-paginales. Parmi celles-ci, la note 28 de la page 13, par exemple, recommande la lecture de l’Atlas historique dirigé par Édouard Baratier.

Le fonctionnement d’une communauté

Alexandra Gallo a étudié l’organisation des habitants de Sisteron pour le fonctionnement de leur ville. Celle-ci est à la limite nord de la Haute-Provence en confrontation avec le Dauphiné. De même, il faut considérer les rivalités entre le comte de Provence et les familles seigneuriales et épiscopales (p 9-12).

L’auteur utilise les délibérations du conseil de Sisteron (p 15). Elles font percevoir au lecteur « un sens aigu de la communauté, du bien commun » notamment puisé dans l’expérience des confréries, pour reprendre l’analyse du préfacier, Henri Bresc (p 17). La présence d’un consulat dans la ville est attestée dès 1213 (p 23). La forme intellectuelle et sociale de cette gestion est le sujet de la troisième partie (quel système politique dans la cité médiévale ? pages 189 et suivantes).

Le chapitre 2 « L’écrit au service de la cité » se veut une contribution à « la réflexion actuelle sur la contribution de la diplomatique à l’histoire des pouvoirs » (p 63). Le lien entre les édiles et l’écrit est à nouveau souligné, y compris pour l’enregistrement des ordonnances par le « propre notaire » du « conseil détenant un pouvoir législatif » (p 104-105).

Le radelage sur le Buëch et la Durance est brièvement évoqué page 136. Cela rejoint des travaux récents publiés par le Bulletin de la Société d’Études des Hautes-Alpes et la Lettre aux amoureux du patrimoine, deux revues conservées à la Médiathèque Mgr Depéry.

Cathédrale et épiscopat

La cathédrale, comme bâtiment structurant de l’espace urbain, est citée à plusieurs reprises. Page 112, l’auteur évoque le pré situé devant la cathédrale, au sud de la ville et près des remparts. À la page suivante, une carte montre la cathédrale, le cimetière au sud et ce pré au sud-ouest du bâtiment. Le château, lui, est au nord de la ville. La carte des quartiers, page 118, montre la cathédrale au centre de celui de Rieu. L’évêque et les clercs doivent participer aux frais de défense de la ville (p 124-125).

Cet ouvrage s’adresse aux érudits, aux étudiants en histoire et tous ceux qui ont besoin de découvrir ce territoire touchant aux Hautes-Alpes. L’histoire du pays de Sisteron est bien représentée à la médiathèque Mgr Depéry comme le montre son catalogue.

Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap et d'Embrun

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