La gratitude ou le vrai sens du don

Pascal Ide, Puissance de la gratitude, vers la vraie joie, Paris : Ed. Emmanuel, 2017, 295 p., 19 €.

L’être humain ressent trois besoins fondamentaux : la proximité sociale, l’autonomie et la compétence. (p. 24) « Nourris, ces besoins apportent du bien-être et protègent contre les troubles psychopathologiques ; frustrés, ils engendrent mal-être et pathologies psychiques. »

La gratitude est un sentiment dont les bienfaits sont prouvés par de nombreuses expériences, décrites par le père Pascal Ide dans cet ouvrage. Les sujets étudiés sont invités à se concentrer sur les aspects positifs de certaines situations et sur leur sentiment de gratitude. Ils en ressentent un mieux-être sur le plan psychique et physique.

Pour Rébecca Shankland, spécialiste de la psychologie positive, (p. 32-33) « la gratitude est une émotion agréable que l’on éprouve lorsqu’on reçoit une aide ou un don d’autrui et qu’il s’agit d’un geste intentionnel et désintéressé ». Au contraire de la dette, la gratitude est un mouvement intérieur. La doubler d’une obligation extérieure risque d’empêcher l’intériorisation du don et l’expression de la reconnaissance. (p. 54) « La dynamique du don procède en trois moments : réception, appropriation et donation ».

Une société d’hyperconsommation

« Les relations humaines se structurent à partir de deux lois : la gratuité et la réciprocité. » (p. 25) La société d’hyperconsommation dans laquelle nous vivons aujourd’hui tend à dérégler ces relations et entraîne tristesse et vide. « Au fond, l’amusement et la détente – dont la société d’hyperconsommation fait son mot d’ordre – tournent vers soi, alors que la reconnaissance ouvre vers l’autre. » (p. 46) La consommation irraisonnée s’étend à tous les domaines de la vie : aspects matériels, culture, relations, jusqu’au religieux. Ce mode de vie rend la frustration insupportable : « Pour la première fois de son histoire, l’homme qui, auparavant, vivait souvent dans le manque, voire l’indigence, vit dans le plein et le trop-plein. » (p. 70).

L’accoutumance au plaisir l’affadit et en rend dépendant. Pascal Ide, comme Christophe André, conseille de pratiquer la pleine conscience : (p. 101) une « présence attentive et sans jugement à tout ce qui se passe dans l’instant présent en dedans de soi et en dehors de soi ».

L’idée de don et de retour s’applique aussi à la relation de l’humain à Dieu, dans la gratitude pour ses dons. (p. 28) « Cette loi est si originelle qu’elle trouve son fondement ultime dans le Dieu Trinité ». Pascal Ide préconise de « discerner le Donateur derrière le don » (p. 118), de reconnaître le Créateur dans la nature, le temps qui passe, les rencontres qui nous forgent.

Par-delà le thème traité, très riche en lui-même, Pascal Ide fait beaucoup de références à la culture contemporaine, en donnant une analyse philosophique de films ou de livres (Harry Potter p. 113-114, plusieurs extraits de films accessibles sur internet via des flash codes). La « pop-philosophie » est aujourd’hui très présente, comme le montrent Les chemins de la philosophie sur France Culture : La pop culture nous apprend-elle à philosopher ?

Le site du Père Pascal Ide : http://pascalide.fr/

Hélène Biarnais
bibliothécaire du diocèse de Gap et d'Embrun

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