Suivre saint Benoît-Joseph Labre

Albéric de Palmaert, Vivre l’évangile avec Benoît-Joseph Labre, Saint-Céneré : Téqui, 2019, 109 p., 9 €.

Comme le père René Combal le note dans son ouvrage-maître sur l’histoire de Notre-Dame du Laus, saint Benoît-Joseph Labre (1748-1783) est venu prier au sanctuaire du Laus « entre 1770 et 1774 ». En 1770, le saint pèlerin n’avait que 22 ans, et il allait à Rome. Il fait partie de ceux venus prier au sanctuaire, sur les pas de la Vénérable bergère Benoîte Rencurel : comme saint Pierre-Julien Eymard (1811-1868), comme saint Eugène de Mazenod (1782-1861).

Vraiment franciscaine et atypique est la personnalité de Benoît-Joseph Labre, ce pèlerin-marcheur, originaire du diocèse de Boulogne. Albéric de Palmaert, journaliste et écrivain, a déjà publié dans cette collection, en 2018, les ouvrages Vivre l’Évangile avec.. Charles de Foucauld et avec Marguerite Hoppenot, Benoît-Joseph a trouvé sa vocation dans l’appel du Christ à la pauvreté, au dépouillement. Il a vécu sa vocation dans l’itinérance, de lieux de pèlerinage en lieux de pèlerinage. Sa vie sur la route l’assimile « aux sans-abri et aux migrants » (p. 10). Sa prière va selon un double mouvement. De la terre vers le Ciel : entre autres, quand il mange la nourriture mendiée, il loue le Dieu créateur source des produits de la terre (p. 14). Et le mouvement du Ciel vers la terre : quand il communie au corps du Christ, il remercie le Père pour le don qu’il nous offre en son Fils Jésus qui s’est incarné et se fait notre nourriture pour notre marche quotidienne.

L’auteur nous donne à méditer une quarantaine de paroles de Jésus, tirées des béatitudes, de son attention aux petits et aux pauvres, de ses conseils (la prière vers un Dieu providence, le pardon, le discernement, le Jugement dernier), de ses paraboles, de ses rencontres (avec la Samaritaine, le jeune homme riche…) et jusqu’en la Semaine Sainte, en sa Passion et sur la Croix. À chaque parole du Christ, c’est une méditation évangélique et spirituelle bien centrée, bien appuyée sur des témoignages des contemporains de Benoît-Joseph Labre. Epuisé, il meurt à 35 ans, à Rome, où la population le vénérait déjà pour sa sainteté. Dans ses convictions de simplicité de vie, le pèlerin marcheur a anticipé sur l’appel du pape François à « l’écologie intégrale » dans l’encyclique Laudato Si. Benoît-Joseph Labre nous laisse sa « prière des trois cœurs en chacun : un cœur de feu envers Dieu, un cœur de chair envers notre prochain, et un cœur de bronze envers soi-même » (p. 99).

Comme l’auteur, Mgr Jean-Paul Jaeger, dans la préface, nous assure que « Benoît-Joseph Labre est un pèlerin pour notre temps », dans une « société qui recherche réussite, performance et notoriété ». Un pèlerin guide pour l’Europe car, en Italie, en Allemagne, en Suisse. Il a « semé la Bonne Nouvelle sur les chemins d’une Europe bouleversée, inquiète, qui doute » (p. 7). Un livre pour l’intimité de la prière et pour un large regard sur les horizons socio-spirituels de notre pays et de l’Europe.


Père Pierre Fournier
membre de l'équipe du service de formation permanente
diocèse de Gap et d'Embrun

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